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Jambe cassé
Le 17 juillet 2009 13:03, G. Pasdeuxbols <g_pasdeuxbols@gmail.fr> a écrit :
Désolé d'avoir un peu gâché la fin de ce week-end du 14 juillet par ailleurs fort sympathique. Je vous remercie tous chaleureusement pour votre solidarité active et votre compassion dans la gestion de ce secours qui a été un modèle du genre puisque moins de 3 jours et 2 heures plus tard j'étais de retour chez moi. La minimisation des mouvements de la jambe cassée et la rapidité de l'intervention seront un facteur important pour la vitesse de récupération et la minimisation de la douleur, les muscles et les vaisseaux sanguins autour de la fracture ayant peu souffert.. Un léger choc avec une paroi quasi verticale juste après l'impact avec l'eau à la fin d'un petit saut a en effet été fatale pour mes os apparemment fragiles, 25 mn après l'entrée dans le canyon de Grenant, près du lac d'Aiguebelette en Savoie. Immédiatement, j'ai compris que le tibia et le péroné étaient cassés. Il était 11h25, le lundi 13 juillet. J'ai pu nager jusqu'au bord de la vasque et me caler sur une dalle inclinée, le pied dans une goulotte dans l'eau servant de capteur très sensible de vaguelettes. Fort heureusement, un guide avec une groupe de jeunes et un portable se trouvait juste en aval de nous et environ 10 mn après l'accident les secours étaient prévenus, avant même que Franck et Manu n'atteignent la maison en amont du canyon. Malgré la soif, je refusais de boire avant une opération probable dans la journée et prenait un paracétamol que le guide avait, plus facile à gérer par la suite par les toubibs qu'un antalgique plus puissant. A 12h30, un hélicoptère apparaissait dans le ciel et voyait nos bras en Y. Après m'avoir proposé de me remonter dans une perche, le pompier m'installait finalement une attelle à dépression en la passant sous mon pied dans l'eau. Après m'avoir installé un deuxième baudrier, nous étions hélitreuillés tous les deux, puis déposé dans une prairie où le toubib pu m'ausculter pendant que l'hélico repartait chercher les autres secouristes. Quelques minutes plus tard, nous redécollions et à 13 h 00 nous nous posions sur le toit de l'hôpital de Chambéry. Après avoir du insister pour que l'interne découpe ma vieille pompe déjà difficile à enlever en temps normal et ma bottine et avoir inspiré plusieurs bouffées de gaz hilarant (protoxyde d'azote), j'étais enfin prêt pour aller à la radio à 13h45. Elle confirma que le tibia était bien cassé, juste au-dessus de la plaque en place, et son petit frère le péroné, juste au-dessus du cal précédent. A 14h30, le chirurgien m'indiquait qu'il m'opérerait juste après l'opération en cours. A 15h00, on me remettait une attelle pour bloquer la jambe pendant l'opération. A 16h05, je choisissais une péridurale de préférence à une anesthésie générale de façon à ne pas m'endormir pendant la séance à venir. A 16h15, j'étais conduit au sas du bloc. A 16h55, on m'installait sur la table d'opération et on rasait ma jambe. Après 4 essais infructueux en position latérale de sécurité, je suggérais de m'assoir afin de faciliter l'introduction de l'aiguille entre mes vertèbres récalcitrantes et l'aiguille atteignait enfin mon canal rachidien. Je ne sais si c'est du à l'effet de la morphine, mais à partir de cet instant, le visage de tout le monde, hommes et femmes confondus, m'apparut masqué par une burqua verte. Après allumage des projecteurs et mise en place d'un écran bleu devant mes yeux, la séance pouvait enfin commencer à 17h55. Après une compression de ma jambe pour la vider de son sang et la pose d'un garrot, le bistouri pouvait entrer en action. Des bruits étranges me parvenaient de derrière l'écran bleu et j'en était réduit à en demander la cause à l'anesthésiste. Les premières vibrations ressenties étant dues à la dévisseuse utilisée pour déséquiper la plaque désormais trop petite, les suivantes à la visseuse pour le rééquipement avec une plaque plus grande. L'écran devant mes yeux montrant une fêlure axiale juste au-dessus de la nouvelle plaque, le chirurgien décidait de rajouter une treizième vis qui je l'espère ne me portera pas malheur. Il était temps de refermer l'ensemble avec une fermeture éclair faite d'agrafes, car lors de la pose des 3 dernières agrafes, des picotements commençaient à se faire ressentir. A 19h35, après 100 minutes, la séance était enfin terminée et on éteignit les projecteurs. Après un passage en salle de réveil qui portait mal son nom car je n'avais pas pu fermer l'oeil un seul instant à cause de la lumière vive, du bruit et des vibrations, j'arrivais enfin à ma chambre à 20h15, moins de 9 h après mon accident. Pendant ce temps, les canyonneurs encore valides étaient encore dans le deuxième canyon de la journée. Enfin, à 21h15, alors que j'étais dans mon lit bien chaud depuis une heure, Fred m'annonçait qu'ils venaient tout juste de sortir du canyon et s'apprêtaient à faire la navette. Le lendemain matin, le chirurgien m'annonçait qu'il me mettait à la porte de l'hôpital le surlendemain. Je ne pensais pourtant pas l'avoir soulé pendant l'opération car je ne posais mes questions qu'à l'anesthésiste. Dans l'après-midi, le service de rapatriement de la mutuelle m'apprenait que l'ambulance passerait me prendre le jeudi à 8h. Le jeudi à 8 h pile, les ambulancières pénétraient dans ma chambre. Après un passage au bureau des infirmières afin de demander un laxatif au cas où ça serait nécessaire pour remettre en route la tuyauterie arrêtée par la morphine et muni d'un plateau repas pour la route, nous quittions l'hôpital à 8h20. A 13h20, j'arrivais enfin chez moi à Paris. Conséquences : J'en ai pour 45 jours avec un plâtre en résine, 60 jours à me faire des piqures d'anticoagulants avec les seringues de Charlotte dont les aiguilles sont plus grosses que nécessaire pour gagner plus de sous et 3 à 4 mois avant de récupérer un appui total sur ma jambe. Conclusion : Ne ramassez pas les mauvaises herbes dans votre jardin, car alors vous risqueriez de vous casser le col du fémur comme mon voisin de chambre. Et c'est une opération plus délicate que celle d'un tibia-péroné. Conseils : - Avoir du Paracétamol et un antalgique plus puissant style TRAMADOL <<http://www.doctissimo.fr/medicament-TRAMADOL.htm>>, CONTRAMAL (Antalgique opiacé faible; Molécule : Tramadol; Le principe actif de CONTRAMAL diminue la douleur en bloquant les influx nerveux de la douleur) <<http://www.doctissimo.fr/medicament-CONTRAMAL.htm>> ou à défaut DI-ANTALVIC (Antalgique opiacé en association; Molécules : Dextropropoxyphène et Paracétamol) <<http://www.doctissimo.fr/medicament-DIANTALVIC.htm>>, du sparadrap de différentes tailles, des compresses et un désinfectant (bétadine) dans un bidon. - Avoir un portable dans un bidon. On peut le placer dans une capote anglaise non lubrifiée en faisant un simple noeud de vache pour l'étanchéité. Non seulement, il ne prend pas l'eau, mais on peux s'en servir sans "décapoter". - Minimiser les déplacements de la victime. - Canyon : Relire les techniques secours dans le manuel technique (page 317). - Spéléo : Avoir 2 fiches secours, un crayon, les N° de tél des Conseillers Techniques Départementaux et celui du Spéléo-Secours National 0800 12 11 23 sur son portable - Suivre un stage auto-secours A+ G. Pasdeuxbols.Nota : Les noms ont été modifiés.
Emplacement
45° 31' 24.9924" N, 5° 45' 31.68" E
Victime(s):
|
Titre |
Toutes les catégories |
|---|---|
| Victime Le Grenant 1/1 | Fracture, Secours et pas de séquelles, Péroné, Tibia, Saut |
Sondage
Mon descendeur canyon préférée
Huit normale
38%
sfd8 (double huit)
43%
Pirana Petzl
14%
Hydrobot Kong
5%
Votes totaux : 21
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